Kindia : La culture du bananier au centre d’une formation

0
2227
Dr Mathieu LAMAH entouré des apprenants

Quelles sont les méthodes et techniques de multiplication rapide du
bananier ? Telle a été la problématique débattue cette semaine à Kindia autour d’une sessionde formation organisée par le projet DAKMA (Appui au Développement Agricole dans les zones de Kindia-Mamou) et réalisée par le CRRAF (Centre Régional de Recherche Agronomique de Foulaya) dans le cadre convention de subsides visant l’amélioration de la chaîne de production des rejets (matériel végétal) amélioré dans la zone d’intervention du projet pour les cultures fruitières, plus spécifiquement l’ananas de la variété « Baronne » et la banane de la variété de FHIA 23.

Cette formation qui a durée une semaine (du 28 mai au 1er juin 2018) à regroupé 25 participants dont 20 agriculteurs multiplicateurs de rejets de banane et 5 conseils de l’ANPROCA vise à renforcer les capacités de ces acteurs sur les différentes techniques et méthodes de multiplication rapides du bananier.

Autrefois, premier pays exportateur de bananes en Afrique de l’ouest, aujourd’hui la Guinée peine à satisfaire même les besoins du marché local en banane.  Selon le formateur Docteur Mathieu LAMAH spécialiste en culture du bananier et chef programme fruit au Centre de Recherche Régional de la Guinée Maritime Kindia (Foulaya), les raisons sont multiples et variées « Les mauvaises pratiques  agricoles, le bas niveau technique des producteurs, l’insuffisance des variétés disponibles, l’infection du matériel de plantation par les maladies comme les nématodes, les charançons etc. » a-t-il indiqué.

Pour docteur Mathieu LAMAH, ces fléaux limitent la production et découragent les planteurs.

Pour parer à cet état de fait et augmenter la production de banane dans la région, le projet DAKMA mettra 250.000 rejets de bananiers sains à la disposition des planteurs-multiplicateurs  pour leurs permettre de produire leur propre matériel végétal soit individuellement ou en association avec d’autres pratiquants.Une telle démarche a des avantages comme le rehaussement de la densité de plantation, l’allongement de la durée de vie des plantations, la réduction de l’utilisation des pesticides et une meilleure protection de l’environnement.

Une pépinière de bananiers

Au cours de la formation théorique, des sujets comme : le choix variétal, le choix de terrain de culture de bananier,  le critère de choix, la préparation du sol, les implantations de matériels végétal, la récolte et le conditionnement ont été largement et méthodologiquement abordés pour éclairer la lanterne des agriculteurs multiplicateurs. Le tout a été clôturé par des travaux pratiques.

Le formateur n’a pas manqué d’exhorter aux participants à la démultiplication de cette formation : « J’invite les participants à démultiplier cette formation, et à bien apprendre. Je voudrais également dans quelques mois, qu’on trouve des grands pépiniéristes de bananier en basse guinée ce qui nous permettra de changer la situation. Car c’est déplorable, en  Guinée qu’on puisse vendre 2 à 3 bananes à 5000 fg. Nous avons une terre fertile donc à nous de s’y mettre » a-t-il interpellé.

Satisfaits de la formation certains participants ont exprimé leurs sentiments.
Momo KEITA est conseillé agricole venant de Forécariah «je suis vraiment content de cette formation, et je suis vraiment éclairé sur les méthodes et techniques de multiplication rapide du bananier. On a touché tout ce que nous avons vu en théorie.  Nous allons plus tard
mettre notre connaissance au service des paysans »
a-t-il promis.

Alhassane  Camara producteur « Nous avons beaucoup appris on a compris qu’on utilisait certaines méthodes qui n’étaient pas bonnes. Et cela fait qu’on ne pouvait pas avoir de très grands rendements. Grâce à cette formation, nous sommes suffisamment outillés » a-t-il conclu.

Sous l’égide des autorités administratives du Centre de Recherche Régional de la Guinée Maritime Kindia (Foulaya), une cérémonie de remise d’attestation aux bénéficiaires à marquer la clôture de cette formation.

À rappeler que le bananier (Musa sp)  est originaire de l’Asie du Sud-Est. Son introduction à travers les régions tropicales  et humide a été réalisée par les mouvements migratoires à travers les siècles.

En Guinée,  le bananier  a été introduit par les Français au moment de la colonisation française à partir des îles Canaries. Depuis, le bananier est cultivé dans toutes les régions naturelles de la Guinée.Les deux grandes zones de production actuelles sont la Guinée Martime et la Guinée Forestière.

Mamadou Bella DOUMBOUYA

E-mail : bella22gn@gmail.com

Tel : 00224 623 52 19 22

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here