INTERVIEW EXCLUSIVE : « Si nous arrivons à faire comprendre aux paysans les techniques culturales, je pense que nous pouvons arriver à l’autosuffisance alimentaire » estime AREF ABOUKHALIL, PDG de la SAREF INTERNATIONAL

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Aref ABOUKHALIL; PDG de la société SAREF INTERNATIONAL

Acteur majeur de l’écosystème agricole en Guinée, votre plateforme web, spécialiste de l’agrobusiness www.agronewsguinee.com est allée à la rencontre d’AREF ABOUKHALIL, PDG de la société leader de la fourniture des intrants agricoles en Guinée pour discuter des perspectives du secteur agricole Guinéen. Entretien enrichissant. Lisez !


Aref ABOUKHALIL, PDG de SAREF INTERNATIONAL, en compagnie de Mamadi Hawa CAMARA, ingénieur agronome maison et Consultant technique principal de la SAREF INTERNATIONAL

AGRONEWS : Pouvez-vous présenter à nos lecteurs de façon brève votre société ?

AREF : Nous sommes la société SAREF INTERNATIONAL, nous sommes l’une des premières sociétés installées en république de Guinée dans le cadre de la distribution des intrants agricoles. Nous vendons des intrants agricoles depuis 1981, donc depuis cette date nous mettons à la disposition des paysans, des intrants agricoles de qualité.

AGRONEWS : quels sont vos rapports avec les paysans guinéens ?

AREF : Nous avons de très bons rapports avec les paysans guinéens depuis tout le temps que nous avons eu à travailler avec eux. Nous faisons des tournées à l’intérieur du pays, nous le faisons minimum 2 à 3 fois par ans avec des experts agricoles, un expatrier qui vient de la France et un expert guinéen, en la personne de Monsieur Mamadi Hawa CAMARA et qui font des tournées à l’intérieur du pays auprès des paysans. Nous les éduquons et les sensibilisons à l’utilisation rationnelle des intrants agricoles, notamment des pesticides.

AGRONEWS : par quoi se traduit cette assistance technique ?

AREF : On peut dire la formation, nous les informons sur la manière de se protéger des effets des pesticides et phytosanitaires puis en leur indiquant les doses qu’il faut utiliser, à quel moment ? Sur quelle maladie ? Ce sont ces genres de formation et d’informations que nous leur apportons et ils sont très satisfaits.

L’année dernière, j’ai fait une tournée à l’intérieur du pays moi-même, j’ai accompagné mes ingénieurs et nous avons fait toute la Guinée et cela nous a permis vraiment d’apporter beaucoup d’appuis aux paysans et aux groupements paysans à travers toute la Guinée.  

AGRONEWS : Quelles facilités mettez-vous à leur disposition dans le cadre de cet appui ?

AREF : Nous avons installé entre 22 ou 25 comptoirs agricoles à l’intérieur du pays et nous avons équipé ces comptoirs avec des moyens de transport des motos, des ingénieurs que nous avons recruté avec l’aide de l’USAID pour permettre que ces ingénieurs soient proches des paysans afin de les assister dans l’utilisation des intrants agricoles, voilà si vous voulez une partie de notre appui vis-à-vis du monde rural guinéen.

AGRONEWS : Avez-vous prévu une ligne d’aide en leur faveur ?

AREF : Cela pourrait bien être possible si nous sommes accompagnés par exemple par le crédit agricole, ou d’autres acteurs financiers de la place, mais ce qu’il faut savoir nous ne sommes pas une institution financière. Nous essayons de ravitailler en intrants tous ces comptoirs que nous avons installé à l’intérieur du pays, afin de rapprocher les acteurs locaux des instants dont ils ont besoin pour leurs travaux champêtres ou de maraichage, ce qui les évite de se déplacer jusqu’à Conakry pour les acquérir.

Bien entendu que ce sont les gestionnaires des comptoirs qui savent s’ils doivent donner à crédit ou vendre directement et sachez que les comptoirs sont plus ou moins indépendants. Nous avons créé de l’emploi grâce à l’installation de ces comptoirs, ce n’est pas SAREF directement. J’ai créé ces comptoirs pour des gens qui veulent se lancer dans la chaine de valeur distribution des intrants agricoles. Ils sont indépendants financièrement ; ils travaillent pour leur propre compte, ce que nous leur apportons, c’est l’assistance et l’approvisionnement des produits.

AGRONEWS : par rapport à l’utilisation des phytosanitaires, nous savons qu’il n’y a pas de risque zéro, que fais SAREF concrètement pour aider les paysans à se prémunir des risques?

AREF : Nous essayons de sensibiliser les paysans, de les informer que les instants sont des produits chimiques toxiques, pour les utiliser il faudrait se protéger et on essaye de leur faire comprendre que ce n’est pas parce qu’on les utilise sur des cultures qu’ils ne sont pas toxiques, ils sont vraiment toxiques et nous sommes en train de les former au dosage, leur faire comprendre qu’il ne faut jamais surdoser, ce n’est non seulement pas bien pour la culture mais aussi pour l’utilisateur. Au début de notre campagne, nous avons remarqué que nos paysans guinéens utilisaient les produits sans protection, mais nous avons fait la tournée, je les ai personnellementinformés de l’impact de ces produits sur l’être humain et je pense qu’ils ont bien compris que maintenant, il faut se protéger.

AGRONEWS : Est-ce que vous mettez des Équipements de protection à leur disposition ?

AREF : Bien sûr, nous avons des équipements de protection dans chaque comptoirs et c’est à eux de venir acheter au comparoir pour se protéger.  

Remise de motos aux ingénieurs des comptoirs agricoles grâce à SAREF INTERNATIONAL ET ACDI/VOCA avec l’appui de l’USAID

AGRONEWS : Parlant des comptoirs agricoles, combien avez-vous installés ?

AREF : nous avons installé 27 au total, nous avons notamment 3 comptoirs à Kindia (koliagbé, fruiguiagbé) au centre-ville.

AGRONEWS : Avec toute l’expérience que vous avez accumulé depuis votre installation en Guinée il y a plusieurs décennies, quelle lecture faites-vous de l’évolution de l’agriculture en Guinée ?

AREF : l’agriculture a beaucoup évolué surtout ces dernières années, nous avons remarqué un bond et je peux vous dire qu’à cette allure si nous arrivons à faire comprendre aux paysans les techniques culturales, je pense que nous pouvons arriver à l’autosuffisance alimentaire. Le gouvernement actuel apporte beaucoup d’aide à l’agriculture et c’est une très bonne chose, car c’est le premier facteur de développement d’un pays comme la Guinée.  

AGRONEWS : comment voyez-vous l’avenir de l’agriculture en Guinée ?

AREF : C’est vrai que les débuts ne sont pas faciles, mais je constate que beaucoup de Guinéens s’intéressent aujourd’hui à l’agricole, notamment les cadres, les fonctionnaires,  c’est une très bonne chose, je pense que nous avançons un peu lentement mais surement.

Entretien réalisé par Mamadou Aliou DIALLO pour AGRONEWS GUINEE

Tel : 623 69 58 01

Interview à écouter bientôt sur la Radio Kania Zik- Kindia dans l’émission « La voix agricole ».

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