Interview exclusive d’AREF ABOUKHALIL PDG de SAREF INTERNATIONAL

0
335

Fondateur de la société leader de fourniture d’intrants agricoles en Guinée, votre plateforme en ligne www.agronewsguinee.com s’est entretenue avec AREF ABOUKHALIL. Nous avons abordé de l’introduction de nouvelles variétés d’engrais sur le marché mais aussi des enjeux liés à la collaboration avec l’État dans le secteur de l’importation et de la distribution des engrais.

AGRONEWS : quelles sont les différentes variétés d’engrais que vous venez de mettre à la disposition des agriculteurs guinéens ?

Monsieur AREF : cette année je me suis dit qu’il faudrait que nous nous mettions aux engrais. Nous avons importé plusieurs types d’engrais: de l’urée; du sulfate d’ammoniaque ; le triple 16 avec microéléments en sac de 10 kg pour permettre aux petits paysans d’acheter ; le triple 19  en sac d’1 kg ; des engrais foliaires ; du triple 20 ; des sulfates de potasse pour donner du sucre à nos fruits et nous avons mis aussi à leur disposition du NPK en liquide. Nous avons donc une large gamme d’engrais. Bien entendu nous n’avons pas importé en grande quantité parce que les importations et subventions de l’État nous freinent dans notre développement dans le domaine des engrais. Si l’État n’avait pas importé par exemple cette année, nous aurions augmenté la quantité donc je n’ai amené que quelques tonnes. Nous avons importé que 110 tonnes d’urée et pour les autres quelques dizaines de tonnes, nous nous sommes limités là. Ces importations seront dispatchées  dans nos différents comptoirs agricoles à l’intérieur du pays pour que les produits soient accessibles directement aux paysans à travers notre vaste réseau de distribution. Je pense qu’il faudrait que le paysan guinéen commence à utiliser des engrais qui puissent accroître son rendement agricole.

AGRONEWS : quelles sont les spécificités de ces différentes variétés d’engrais ?

M. AREF : si l’on veut booster rapidement une plante, on lui donne du nitrate d’ammoniac qui est très bénéfique pour sa croissance. Malheureusement, la plupart des paysans ne connaissent pas ce type d’engrais ici, ils ne connaissent que le triple 17 et l’urée. Cependant, il y a beaucoup d’autres types d’engrais qui sont très bénéfiques pour nos cultures en Guinée. Il faudrait utiliser d’autres types d’engrais. On ne peut pas simplement rester sur le tripe 17 et l’azote, il faudra avoir d’autres gammes qui pourraient être très bénéfiques pour l’agriculture guinéenne

AGRONEWS : comment comptez-vous pénétrer le marché des engrais fortement subventionné par l’État ?  

M. AREF : C’est vrai que le gouvernement guinéen importe plusieurs types d’engrais, l’année dernière ils ont importé beaucoup de triple 17 et un peu de potasse et éventuellement ils subventionnent. Nous les importateurs privés d’engrais et de produits phytosanitaires, nous avons de petites difficultés, le fait que le gouvernement subventionne les importations nous freine et réduit notre marge de manœuvre pour ce qui est des engrais. Je pense qu’il faudrait que le gouvernement subventionne notre action au lieu d’importer lui-même de l’extérieur. Par exemple la SAREF a une vingtaine de comptoirs agricoles à l’intérieur du pays que nous ravitaillons chaque année. Donc nous avons un solide réseau de distributions qui couvre tout le pays, les 33 préfectures à travers nos 18 comptoirs. Cela dit, si l’État nous fait confiance nous avons la logistique et l’organisation nécessaire pour distribuer les engrais à tous les agricultures.

Quant à notre expérience, j’ai commencé l’importation en 1981. Mes premières importations en république de Guinée, c’était pendant la première république, c’était avec CEMAP. A l’époque je n’importais que des phytosanitaires et à un moment donné, nous nous sommes dit qu’il fallait élargir la gamme. Nous avons poursuivis au fil des années avec l’importation des appareils de traitement, du matériel de protection et dans la même lancée, il y a 4 à 5 ans nous avons introduit des semences.  

AGRONEWS : Qu’attendez-vous de l’État guinéen en termes de collaboration ?

M. AREF : Dans les pays voisins de la Guinée, l’État subventionne les actions des privées dans le cadre de l’importation des intrants agricole. En ce qui nous concerne, il s’agit de mettre en place un mécanisme qui permette aux importateurs privés d’engrais d’importer et de vendre nos produits à un prix flexible et accessible pour le paysan et à l’État de subventionner nos opérations d’importation. C’est la meilleure alternative au lieu que l’État continue à dépenser des milliards pour importer et distribuer, contrairement à beaucoup d’autres pays qui subventionnent l’action des privées. Je pense qu’il y a des sociétés spécialisées dans ce domaine ici en Guinée et qui peuvent faire ce travail-là à la place de l’État sous la supervision du département de tutelle, dans un esprit de partenariat. Nous ne sommes pas les seuls importateurs, il y a d’autres sociétés qui sont là. Je pense que la démarche devrait être collaborative avec d’un côté les sociétés importatrices et de l’autre l’État qui subventionne nos actions afin de couvrir la demande de tout le secteur avec des engrais de qualité.

Par ailleurs, je félicite les efforts du gouvernement guinéen pour le secteur agricole. Je suis dans la vente des intrants agricoles depuis la première république. Je suis donc mieux placée pour en parler et il faut reconnaitre que le gouvernement actuel a toujours subventionné et apporté une aide importante aux paysans guinéens. Cela, il faut le reconnaitre parce que nous savons qu’il a consenti d’énormes investissements dans cette agriculture. Ce n’est pas facile, il faut qu’ensemble qu’on arrive à développer notre agriculture parce que, c’est un secteur très stratégique surtout en ce période fatidique de l’histoire. Il faut parvenir à l’autosuffisance alimentaire et je sollicite toujours l’appui du gouvernement dans l’accompagnement des paysans qui en ont tant besoin pour se développer.

Entretien réalisé par AGRONEWS GUINEE

Tel : 664 47 70 35

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here