Boké : les agriculteurs assistent impuissants à l’impact de l’exploitation minière sur leurs activités  

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L’agriculture reste et demeure notre activité principale dans notre localité. Nous agriculteurs sont confrontés à d’énormes difficultés et problèmes » témoigne Mara Soumaila, agriculteur et chef secteur de Yénia, district de Dakonta, dans la sous-préfecture de KOLABOUI.
 
Confrontées à l’invasion progressive des terres cultivables par les sociétés minières, les populations  de cette localité assistent impuissantes à la dégradation de leurs terres. « Les déversements des déchets toxiques, notamment les vidanges des bateaux et engins dans la mer ou les marigots affectent excessivement nos champs et plantations… » regrette amèrement ce responsable local.   

Ouvrages polluants et champs affectés

Baisse de la production

Il nous explique que les actions des sociétés minières notamment la dégradation de l’environnement ont favorisé le retard des pluies « pourtant vous le savez bien, nous les pauvres paysans qui vivont dans les villages, notre activité principale c’est l’agriculture qui nous permet de vivre ou subvenir à nos besoins et ceux de nos familles, au sein de notre localité, nous rappelle-t-il. C’est à travers les moyens de bord que nous nous débrouillons, nous n’avons pas de financement qui vient d’ailleurs, nous sommes tout simplement des débrouillards en milieu rural » plaide Mara Soumaila.

Il nous a fait remarquer que le district de Dakonta possède assez de terres cultivables, mais presque tout a été dévasté par les miniers et que cela les enfonce un peu plus dans la précarité, vu le manque de moyens techniques (intrants) et financiers pour poursuivre leur agriculture rudimentaire et de subsistance.

« Nous demandons à l’État surtout au ministre de l’agriculture, le ministre des mines et le ministre de l’environnement de trouver des stratégies pour favoriser les conditions afin de nous épargner de l’impact de l’exploitation minière, d’instaurer une barrière entre les sociétés minières et nous les agriculteurs, du respect du code de l’environnement. Cela nous aidera tous à non seulement préserver et pérenniser l’environnement mais aussi nos champs, plantations et semences pour un développement local durable » interpelle le notable. Sinon prévient-il, le risque est grand, « car l’agriculture reste et demeure notre activité principale et génératrice de revenu pour nous et nos familles ».
 
De notre correspondant à Boké, Thierno Aliou Poredaka Diallo, pour AGRONEWS GUINEE

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